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daniel girardi / Blog

FUGACE

dans la chambre perdue sous les toits accablés la morsure de l'hiver vient tisser sa toile; depuis longtemps déjà, l'oiseau s'est envolé pour des terres bleues dans le sillage des voiles. sous mes yeux qui s'évadent un jardin sanglote, les iris, les lilas ont déserté son coeur, le vent de ma vie flagelle la terre morte, comme un deuil éternel noyé sous la torpeur mon regard se fixe sur ce ciel bien trop pâle j'attends que ses entrailles viennent y déverser la tristesse de l'instant en blanches rafales, recouvrant les sillons où tes rêves ont dansé. daniel girardi poesie

GALET BLANC

galet blanc au bord de l'océan qui subit sans gémir la complainte du vent, qui reçoit de plein fouet l'amertume des flots, que la folie des hommes a chargé de ses maux

coeur de pierre usé du trop souffert, ces mots-là se consument au feu de mon enfer. il y a bien longtemps était un innocent, minuscule et fragile battait son coeur d'enfant.

on a détruit sa tête, on a tué son corps comme cela simplement parce qu'on était plus fort

je ne bouge plus, je suis pareil à lui, ce galet froid et fade qui ressemble à ma vie

je tente d'échapper à ce maudit rivage, en attendant la mort, faire enfin le voyage. galet blanc ou vient pleurer le temps en accrochant ses larmes à mon triste néant

DG

nocturnes

je fus cet homme fou, ce prince de la nuit qui se posait sans bruit, tel un étrange hibou,

dans mon âme meurtrie se brisaient les tempêtes je devenais poète, raison à l'agonie.

et je gravais ton nom en lettres torturées et souffrances noyées sous des flots de bourbon

tu avais les yeux bleus, ceux de l'ange vengeur dans l'antre de mes peurs en ces pays brumeux

je t'imaginais reine, sauvage et étrangère; ô ces sombres prières ou naviguait ma peine!

tu venais de l'orient, mauresque aventureuse, en secrète amoureuse, sur un tapis volant.

je fus cet homme fou, de la nuit aux aurores; inventant des accords, livide et à genoux

que furent mes voyages? quatre murs et l'angoisse ces nocturnes de glace ou mon coeur fit naufrage.

DG

UN COIN DE TERRE...

il est parti un jour de mars, il est parti sans un je t'aime, c'était la plus ignoble farce qui se jouait ce matin blême.

pas de trois- mâts, pas de voilier, mais mille larmes au fond des yeux, cette douleur qui vient heurter mon pauvre coeur si malheureux,

il est parti, le regard lourd, en emportant dans son voyage tous les câlins , les mots d'amour auxquels je rêvais à mon âge

. une croix blanche, un coin de terre, sous une lune ensanglantée seul héritage de mon père, mort à verdun un sale été.

daniel girardi: regrets 1914/1918