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Shaggy dogs / Blog

SHAGGY DOGS, Who Let The Shaggy Dogs Out ?!

Après de longues aventures sur la route et trois albums plus que convaincants dans le genre bluesy rock’n’rolleux, les Shaggy Dogs nous font l’honneur d’une quatrième portée, élégamment nommé « Who Let The Shaggy Dogs Out ?! ». La première impression à l’écoute de ce disque, c’est que les Shaggy Dogs ne sont pas des nouveau-nés. Dans la veine d’un Jon Spencer en pleine explosion de blues, les Chiens Hirsutes savent offrir une musique rythmée et crasseuse, témoin oculaire de longues virées nocturnes sur les routes poussiéreuses du rock’n’roll.

Why Should I Wait ouvre les hostilités et donne le ton direct : les bougres ne passent pas par quatre chemins pour tracer leur route de dandys désabusés : une voix dénuée de toute timidité adolescente (il faut dire que ces mecs là en ont déjà pas mal dans le calbute), qui accompagne des cuivres d’une sensualité presque féroce, suavement relevée par une guitare aux sonorités rétros des plus gourmandes. La section rythmique, bien en place, supporte avec élégance l’ensemble du travail rock’n’rollesque, à base de roulements tantôt proéminents, tantôt étouffés, mais qui n’ont de cesse de gronder comme le moteur d’une Harley. Cet album est comme un bon vieux malt vingt ans d’âge qu’on dégusterait avant de se jeter dans la fausse aux lions : How I (really) Feel dégouline de sexualité ronronnante, les cuivres s’entrelacent autour d’un riff de guitare d’une lenteur presque exaspérante, qui balade son déhanché avec nonchalance tout au long de l’acte. On comprend alors que « chasteté » n’est pas le maître mot des Dogs. On est loin de l’épanouissement amoureux, tout de même, puisque l’ensemble ne transpire pas l’allégresse : c’est lourd, ça transpire, ça déambule tel l’animal en rut, mais en mal d’amour. Ces messieurs n’ont pas froid aux yeux, et comme ils aiment le revendiquer, s’amusent des codes basiques du rock’n’roll, ne s’arrêtant pas seulement à la bestialité : l’ensemble de leurs paroles nous invite plutôt à l’hôtel des cœurs brisés, faisant twister ce bon vieux Elvis. A ce titre, Leave My Heart Alone et I’m Just A Man nous téléportent direct dans un pub mal famé des faubourgs de Londres, alors que la nuit déjà avancée menace de nous foutre à la porte après s’être jeté une dernière pinte derrière la cravate. On salue également la brillante homogénéité de ce disque qui réussi le tour de force de ne pas nous ennuyer (ce qui, tout à fait subjectivement, n’est pas si simple quand on joue sur une base de blues).

Si l’on devait faire une comparaison facile, on pourrait dire que les Shaggy Dogs sont des Jim Jones Revue à la française, la saturation et l’agressivité en moins (en témoignent Don’t Think Twice et le piano virevoltant sur l’ensemble de la tracklist). Le disque parfait pour enfiler ses dancing shoes et rajuster sa banane avant d’aller draguer la nénette avec classe et éloquence.

Alizée http://zyvamusic.com

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